BepiColombo ouvre ses yeux : première image de l’instrument SIMBIO-SYS

6 octobre 2026 Par Théo Verhaeghe BepiColombo ouvre ses yeux : première image de l'instrument SIMBIO-SYS

Après huit années de voyage, la mission BepiColombo franchit une nouvelle étape avant d’observer Mercure : les 15 et 16 septembre 2026, la suite instrumentale SIMBIO-SYS a été mise en œuvre pour la première fois dans sa configuration finale. Tous ses canaux fonctionnent, dont VIHI, développé au LIRA et placé sous la responsabilité scientifique d’Alain Doressoundiram.


BepiColombo entre dans la dernière ligne droite vers Mercure

Image d’artiste de BepiColombo qui s’approche de Mercure
Crédits : ESA

Lancée en octobre 2018, la mission BepiColombo de l’ESA approche de son but : Mercure, la plus petite des planètes rocheuses du Système solaire et la plus proche du Soleil. Malgré cette proximité, la planète reste largement inexplorée. Le 3 septembre 2026, le module de transfert MTM, qui a accompagné la sonde tout au long de son voyage, a été séparé (cf. notre actualité sur la séparation du Mercury Transfer Module). L’insertion en orbite autour de Mercure débutera le 21 novembre 2026, et les observations scientifiques commenceront avec la mission nominale, en avril 2027.

SIMBIO-SYS : une première activation réussie

Première image acquise par SIMBIO-SYS
Image obtenue par le canal STC dans la suite instrumentale SIMBIO-SYS
Crédits : Agenzia Spaziale Italiana (ASI)

Quelques jours après cette séparation, SIMBIO-SYS, la suite instrumentale du Mercury Planetary Orbiter (MPO) de l’ESA, a été activée. Elle réunit trois canaux, STC, HRIC et VIHI, qui observeront Mercure sous des angles complémentaires pour en dresser un portrait global : images stéréoscopiques, images à haute résolution et composition de la surface.
Tous trois ont été testés alors qu’ils étaient, pour la première fois, orientés vers le ciel. Les vérifications se sont déroulées avec succès et l’analyse initiale confirme le fonctionnement nominal de l’instrument. Le canal STC a même capturé plusieurs étoiles. Fruit d’une collaboration internationale, SIMBIO-SYS a été développé avec le soutien de l’Agence spatiale italienne (ASI) et l’appui du CNES, et sa direction scientifique est assurée par l’INAF.
« Nous sommes extrêmement satisfaits de ce résultat, car il confirme le potentiel de l’instrument pour délivrer d’excellentes performances lorsque nous commencerons à observer Mercure », commente Gabriele Cremonese, chercheur à l’INAF et Principal Investigator de SIMBIO-SYS. »

VIHI, le canal Made in LIRA, fonctionne correctement

Schéma de la suite instrumentale SIMBIO-SYS
Crédits : ESA

Au cœur de cette suite instrumentale, VIHI (Visible and Near-Infrared Hyperspectral Imager) est le spectro-imageur visible et proche infrarouge développé au LIRA. Sa responsabilité scientifique est assurée par Alain Doressoundiram, astronome de l’Observatoire de Paris - PSL au LIRA. Lors de cette première mise en marche, VIHI a fonctionné correctement, comme les deux autres canaux.
Là où les autres canaux montreront l’aspect de la surface de Mercure, VIHI analysera la lumière qui est réfléchie sur la planète pour déterminer la composition minéralogique de la planète.
« Cette première mise en œuvre de SIMBIO-SYS est une étape particulièrement encourageante. Le bon fonctionnement de VIHI nous permet d’aborder avec confiance la préparation de l’exploitation scientifique. Cet instrument permettra notamment d’étudier la composition de la surface de Mercure dans le visible et le proche infrarouge. Après huit ans de voyage, l’aventure scientifique commence véritablement », souligne Alain Doressoundiram.

La suite : cap sur les observations de Mercure

Les prochaines semaines seront consacrées aux derniers réglages de SIMBIO-SYS. Pour le LIRA, il s’agit désormais de préparer l’exploitation scientifique des premieres données de VIHI, en vue du début des observations de Mercure, prévu en avril 2027.