Retour sur l’éclipse solaire du 12 août 2026

16 septembre 2026 Par Estelle Salibur, doctorante en physique extragalactique au LUX. Retour sur l'éclipse solaire du 12 août 2026

Le 12 août dernier, la Lune est venue éclipser le Soleil, offrant aux observateurs un spectacle exceptionnel. En France, le Soleil était partiellement éclipsé, avec une occultation de plus de 90% selon les régions. En Espagne, le spectacle était encore plus saisissant : quelques minutes de totalité pendant lesquelles le jour s’est transformé en crépuscule et la couronne solaire est devenue observable. Plusieurs membres du LIRA ont immortalisé cette éclipse, depuis la France et depuis la bande de totalité en Espagne. Retour en images sur cette journée hors du commun.

Une éclipse de Soleil totale

Figure 1 – À gauche : schéma d’une éclipse de Soleil. L’éclipse est totale dans le cône d’ombre et partielle dans le cône de pénombre. À droite : représentations d’une éclipse solaire partielle et d’une éclipse totale. Les tailles des astres et les distances relatives ne sont pas respectées sur ce schéma.
Crédit : Alienor Flores - Observatoire de Paris-PSL

Il faut un alignement entre le Soleil, la Lune et la Terre pour qu’une éclipse solaire se produise. Lorsque la Lune passe devant le Soleil, elle masque une partie de sa lumière et projette son ombre sur la Terre. Mais selon la position de l’observateur, le type d’éclipse n’est pas le même (cf. Figure 1).

Lorsque le disque lunaire recouvre entièrement celui du Soleil, l’éclipse est dite totale. Cette situation ne se produit que dans une région très limitée de la surface terrestre : la bande de totalité, correspondant à la zone balayée par l’ombre de la Lune. En dehors de cette zone, l’éclipse est partielle et seule une partie du disque solaire est masquée.

Pour comprendre les conditions nécessaires à la formation d’une éclipse totale, retrouvez notre fiche explicative sur les éclipses.

La France dans la pénombre de la Lune

Le 12 août, les français ont assisté à une éclipse partielle. Une très grande partie du Soleil était pourtant masquée, avec une occultation variant selon les régions et atteignant jusqu’à 99% dans le Sud. Même sans atteindre la totalité, le spectacle était impressionnant. Les membres du LIRA présents dans différentes villes de France ont pu photographier les différentes phases de l’éclipse, comme en témoignent les images de la figure 2.

Figure 2 – Images directes de l’éclipse partielle du 12 août 2026 prises par des membres du LIRA dans différentes villes de France.
Crédit : Estelle Salibur - Observatoire de Paris-PSL

Pour assister à la totalité, il fallait en revanche se déplacer dans la bande de totalité. Celle-ci traversait notamment l’Espagne, offrant à plusieurs membres du LIRA l’occasion de faire le voyage et de vivre l’éclipse dans le cône d’ombre de la Lune (figure 3).

Figure 3 – Images directes de l’éclipse de Soleil du 12 août 2026 prises par des membres du LIRA dans différentes villes d’Espagne. Zone grisée : bande de totalité.
Crédit : Estelle Salibur - Observatoire de Paris-PSL

Sur place, quelques minutes ont suffi pour transformer complètement le paysage : la lumière a diminué, le ciel s’est assombri et, au moment de la totalité, le disque brillant du Soleil a laissé place à la Lune entourée de la couronne solaire (figure 4).

Une occasion exceptionnelle pour observer l’activité solaire

Une éclipse totale offre une occasion privilégiée d’observer la couronne solaire, cette région extérieure de l’atmosphère du Soleil habituellement invisibilisée par l’éclat du disque solaire.

La couronne atteint des températures de plusieurs millions de degrés. La lumière que nous en percevons lors d’une éclipse provient notamment de la lumière solaire diffusée par les électrons libres qui s’y trouvent. Cette lumière diffusée constitue un précieux indicateur de la structure de la couronne et, indirectement, de son champ magnétique.

Le 12 août, les observations en Espagne ont notamment révélé une protubérance, visible sous la forme d’une structure rougeâtre au bord du disque lunaire (figure 4). Ces structures sont constituées de plasma maintenu et guidé par les lignes de champ magnétique du Soleil et témoignent de l’activité magnétique de notre étoile.

Autre phénomène caractéristique : les perles de Baily. Juste avant et après la totalité, les derniers rayons du Soleil passent entre les reliefs de la Lune et forment de petits éclats lumineux, visibles pendant quelques instants.

Les éclipses sont ainsi une formidable occasion de faire le lien entre observation du ciel et recherche en physique solaire. Pour en savoir plus sur les recherches menées au LIRA sur le Soleil, retrouvez notre page dédiée.

Figure 4 – Différentes images de la couronne solaire prises par des membres du LIRA dans plusieurs villes d’Espagne lors de l’éclipse totale du 12 août 2026.
Crédit : Estelle Salibur - Observatoire de Paris-PSL

Observer une éclipse en tout sécurité

Aussi fascinante soit-elle, une éclipse solaire ne doit jamais être observée directement sans protection adaptée. Regarder le Soleil peut provoquer des lésions irréversibles de la rétine.

Le risque peut sembler paradoxal lors d’une éclipse : la luminosité ambiante diminue fortement et l’œil s’adapte à cette nouvelle obscurité. Il peut alors sembler naturel de regarder vers le Soleil. Pourtant, même lorsqu’une grande partie de son disque est masquée, la lumière solaire restante est suffisamment intense pour endommager la rétine.

Pour observer directement les phases partielles d’une éclipse, il est donc indispensable d’utiliser des lunettes d’éclipse (figure 5).

Figure 5 – Observations avec des lunettes adaptées aux éclipses solaires.
Crédit : Estelle Salibur - Observatoire de Paris-PSL

Il existe heureusement de nombreuses façons d’observer une éclipse sans regarder directement le Soleil. Projection de l’image solaire à travers un instrument adapté, observation d’“ombres volantes” (Ondulations lumineuses dues aux turbulences atmosphériques), lens-flare (lumière parasite dans l’objectif photo) ou encore sténopé (petite ouverture laissant passer la lumière et formant une image) : autant de techniques qui permettent d’observer l’éclipse en toute sécurité (figure 6).

Figure 6 – Images de l’éclipse du Soleil du 12 août prises avec différentes méthodes d’observation indirecte.
Crédit : Estelle Salibur - Observatoire de Paris-PSL

Quelques minutes suspendues

Je n’ai malheureusement pas pu assister moi-même à cette éclipse. En retrouvant mes collègues après leur retour, je leur ai immédiatement demandé ce qu’ils avaient ressenti. Les réponses étaient unanimes : difficile de mettre des mots sur ce qui se passe pendant une éclipse totale.

La lumière disparaît, le paysage se transforme, la température baisse, et le temps paraît comme suspendu. La faune et la flore peuvent elles aussi réagir à cette arrivée soudaine de l’obscurité. Comme si la nuit était soudainement tombée, des oiseaux arrêtent de chanter et des fleurs se referment. Puis, tout s’inverse. Les premiers rayons du Soleil réapparaissent, la lumière revient et, en quelques instants, le monde semble reprendre son cours normal.

Une éclipse totale est un phénomène rare. Pour ne pas manquer les prochaines éclipses visibles depuis l’Europe, retrouvez toutes les informations sur le site de l’Observatoire de Paris – PSL.

Quant à la prochaine éclipse totale visible depuis la France métropolitaine, il faudra patienter 2081.

Vidéo time-lapse de Rupam Jash de l’éclipse solaire du 12 août 2026.